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C’est peut-être sur les terres rouges d’Afrique que Dominique Maleyran a puisé ce courage en se battant comme une lionne pour faire de son parcours de vétérinaire, un périple initiatique riche de sens. Celui qu’elle cherchait depuis l’enfance. Réparer le monde pour se réparer.
Lors d’un atelier d’écriture on lui demande de ‘lisser son histoire’. Avec ce travail d’introspection elle renoue avec le chat de sa mère, ‘la mine’. Première peluche soyeuse, source de douceur et de chaleur tactile qui surgit dans le quotidien de la petite fille isolée dans son cœur et sa famille. Un compagnon de vie précieux.
En intégrant l’école vétérinaire à Maisons-Alfort, le graal pour tout étudiant destiné à vouer sa vie aux animaux, elle ressent comme un malaise sur l’enseignement qui y est donné. Étudier une espèce en l’appréhendant comme un assemblage efficace de pièces prêtes à s’imbriquer les unes dans les autres va à l’encontre de sa perception. Et la sensibilité, la souffrance de ces êtres, pourquoi n’en parle-t-on pas ? Le calvaire des travaux pratiques pratiqué sur des chèvres, moutons et vaches destinés à l’abattoir n’arrangera pas les choses. Une fois le diplôme en poche c’est l’étude de la faune sauvage à Abidjan et Madagascar qui la fait se sentir enfin au bon endroit, chez elle. Une terre retrouvée comme après un long exil. Les paysages kenyans nourrissent son cœur et lui offrent le père de ses enfants.
De retour en France lors d’un inventaire au Parc Zoologique de Paris, le spectacle pitoyable d’ ours tournant en boucle dans leurs fosses minuscules la fait se questionner : est-ce vraiment cela respecter la vie ? En poste au parc animalier de Thoiry elle sera également témoin de graves manquements au bien-être des animaux.
Son attrait pour les peuples premiers va grandissant. Le rapport au divin et au sacré, cette vision de l’univers où chaque humain serait une infime partie du Tout. Il trouve une résonance particulière chez cet être connecté en quête permanente de sens. En ouvrant son propre cabinet spécialisé en soins canins, l’équilibre est atteint. Trouver la bonne approche, être entendue, chercher des alternatives en phytothérapie à base d’Aloe vera pour étoffer la pharmacopée classique. Soigner l’animal en écoutant l’humain. Les chasseurs ? Pas trop son genre. Et pourtant entre leurs différents, il y a ce chien de chasse qui souffre et le diagnostic à poser sur sa pathologie ne peut attendre. Le dialogue est ouvert. Être vétérinaire est une réponse à sa mission de vie principale : contribuer à réparer le monde animal des destructions par l’humain.
L’aventure revient dans sa vie telle Daktari dans la ville ! Un service d’urgences vétérinaires à domicile à Bordeaux fait appel à ses services. Une immense liberté doublée de la contrainte d’une disponibilité permanente. Avec son caractère fougueux et entier elle l’accueille à bras ouverts. La gestion des urgences est une notion très particulière qui dépend du gardien/du maître et du rapport à son animal. Flexibilité, détermination, adaptation, évaluation des risques. Décider de donner la mort et l’assumer : ça elle ne s’y habituera jamais.
Le cheval est un expert dans la gestion des émotions; il décrypte à merveille notre langage corporel et émotionnel. Équithérapie et équicoaching en sont de frappants exemples avec cet incroyable potentiel d’accompagnement que promet l’équidé. Il nous enseigne les valeurs du partenariat et de la coopération. Nos âmes animales ont besoin d’être émerveillées et notre néocortex d’être mis en sourdine pour arrêter de piétiner dans la rumination et l’ amertume.
Dans son cabinet, Dominique Maleyran est frappée par les manques de connaissance des clients sur les besoins spécifiques de leurs animaux. Projections de peurs, de rapports à la douleur. C’est un des rôles du vétérinaire de remettre l’animal au centre de la problématique en répondant aux besoins de soins. Retrouver une communication et une connexion intuitives au monde reste aujourd’hui sa quête première.
« Le lien a toujours été là, le rendre visible par le mental et lui faire confiance , tel est le chemin » dit-elle.
Ce récit éclairant sur la vocation de vétérinaire est aussi un coup de projecteur sur chiens et chats qui l’auront accompagnée. Mère comblée de 4 bipèdes, elle élargit son cercle de compassion à Rock, Orca, Benji, Vanille ou Ninon. Ses enfants, son mari, ses animaux : toute cette tribu magnifique est forte, portant haut les valeurs de l’altruisme dans une bienveillance qui se ressent à chaque mot. En cherchant à comprendre les rouages des fonctionnements d’humains, avec les animaux au centre de son univers, sa quête de sens se poursuit sans jamais faiblir.
Le peuple animal est gardien, symbole de notre reliance avec la Nature et le monde subtil qui nous entoure.
N’en doutez plus après la lecture de ce récit puissant et inspirant.