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De la Haye au Zimbabwe, en passant par une arrière-boutique interlope chinoise ou un hôtel de luxe dublinois, « LE GANG DES VOLEURS DE CORNES » nous plonge dans un univers trop peu abordé dans les récits : le trafic d’animaux sauvages. Il affole les convoitises, décime des populations entières d’individus à poils, plumes ou écailles tout en brassant des millions.
Les Éditions MARCHIALY parlent de littérature du réel où comment se saisir d’histoires vraies qui
« racontent les recoins du monde, explorent ses zones d’ombre et de lumière et en révèlent sa complexité ».
Hugo Nazarenko Sas, journaliste spécialisé dans les crimes environnementaux nous embarque dans les méandres de la contrebande de cornes de rhinocéros. Un réseau tentaculaire où chaque intermédiaire brouille les pistes. La bête a l’air de venir du fond des âges avec sa silhouette massive, la tête courbée, et une peau qui semble à l’épreuve de toute menace extérieure. Et pourtant…
Entre 2010 et 2015, les vols de trophées de chasse se multiplient dans les museums d’histoire naturelle européens. Chez les conservateurs l’incompréhension est totale. C’est habituellement l’ivoire qui est convoitée ! Les cambrioleurs ont changé leur fusil d’épaule en trouvant une nouvelle corne d’abondance. De l’autre côté du globe on en raffole. Le Vietnam trafique et la Chine consomme.
L’auteur intrigué, décide de s’emparer du sujet avec sa maîtrise du suspense et de la mise en situation, conjuguée à un art de la narration tonique. Il croise les pistes d’Europol et son inspecteur qui ne lâche rien, avec celles d’antiquaires véreux. La Wildlife Justice Commission envoie ses agents infiltrés sur le terrain, flirtant constamment avec le danger. Les douaniers quant à eux ont un flair bien aiguisé : ils en ont bien besoin. En 2011 à Roissy, transitaient 20 000 colis par jour. Autre découverte macabre parmi les valises multicolores des touristes sur les tapis de l’aéroport : viande de brousse, crânes de primates, ivoire d’éléphants et écailles de pangolin.
Un gang irlandais un brin pieds nickelés se met à multiplier les vols de cornes en alimentant la filière. Il fait partie d’une communauté itinérante que l’on nomme les ‘Travellers’ ; ils ont le voyage et la liberté dans la peau. En plus du frisson du vol en bande organisée.
Ce récit réunissant tous les ingrédients d’un addictif roman d’espionnage alerte sur l’état de notre monde. Décrire et ne pas rêver : tel est le fil rouge de tout journaliste d’investigation. Un crime raconte une époque où le culte de l’argent balaie tout sur son passage. Comment parler d’une communauté déjà largement marginalisée sans la discriminer encore plus ? En refermant l’ouvrage à la couverture « qui vaut de l’or » on garde un goût amer en bouche : le monde se délite au détriment d’un peuple animal qui peine déjà à survivre.
En 2025, le trafic d’espèces sauvages a dépassé les 20 milliards de dollars. 4ème commerce illicite le plus lucratif au monde, il est longtemps resté en marge de mesures de régulation alors même que son impact est majeur. La prévention auprès des populations locales, le suivi de la biodiversité ou encore la restauration des écosystèmes sont autant de pistes à développer pour contrer cette hécatombe.
Le 18 juin 2026 : la plus grande enquête au monde sur ce trafic a pris fin. Plus de 1 700 chefs d’accusation étaient retenus contre le principal suspect – un organisateur de safaris sud-africain. Verdict : une amende de 123 000 dollars.
Au début du siècle on comptait 500 000 rhinocéros, aujourd’hui il en reste un peu moins de 28 000 dans le monde.
Pour que notre planète ne devienne pas une Grande Galerie de l’Évolution à ciel ouvert, plongeons sans attendre dans ce récit percutant mené tambour battant.
Une lecture qui vous happe.
Indispensable.