Cet état des lieux sur les déchets sonne comme une ultime alarme pour réveiller nos consciences et changer nos habitudes. Avec de l’humour, et en s’appuyant sur des photos marquantes, cet ouvrage très bien documenté est un livre digeste sur un sujet qui l’est hélas beaucoup moins. Il est à mettre entre toutes les mains sans hésitation. Le phénomène s’est accéléré et aujourd’hui les déchets sont partout et, constitués de matériaux non biodégradables, persistant et s’accumulant à l’infini dans l’environnement. Les déchets plastiques sont un véritable fléau pour les océans et leur biodiversité. Nous perdons de vue une chose pourtant si fondamentale : nous dépendons de l’environnement dans lequel nous vivons. Chaque seconde près de 403 kilos de déchets arrivent dans les océans du monde entier.

Le plastique a envahi le monde dans lequel nous vivons pour le meilleur quelquefois, car il est pratique, léger et résistant mais aussi pour le pire car lorsque il échappe aux circuits de récupération il devient indestructible dans la nature. Les scientifiques estiment que ces fragments sont très stables et peuvent parfois persister jusqu’à 1 000 ans dans le milieu marin ! Et c’est bien là le problème fondamental car il est illusoire et impossible de nettoyer les océans ! Aux 8 millions de tonnes de déchets plastiques déversés dans les mers depuis les continents, il convient d’ajouter ceux rejetés par les bateaux que l’on peut estimer à 4 millions de tonnes. C’est donc environ 12 millions de tonnes de déchets en plastique qui ont été déversés à la mer en 2010.

Le plastique envahit les plages également, ainsi que les lacs de montagne contaminés par les composés chimiques qui recouvrent nos sacs à dos, sacs de couchage, anoraks. Les conséquences sur le milieu marin sont désastreuses : l’ ONU qui estime qu’au moins 2 67 espèces marines dans le monde sont touchées par l’ingestion de déchets marins.

En 2011, Greenpeace estimait à environ 1 million le nombre d’oiseaux, et 100 000 le nombre de mammifères marins dont les tortures mouraient chaque année après avoir ingurgité des bouts de plastique de plus de 5 mm, les macro- fragments. Une autre conséquence de cette pollution est la migration d’espèces animales vers de nouveaux environnements ce qui modifie les écosystèmes. Les débris plastiques sont de véritables éponges qui absorbent les composés toxiques et s’accumulent dans les chaînes alimentaires.

La mer Méditerranée est désormais couverte de plastiques. Il n’existe pas de plastique dans la nature, les océans n’y sont donc pas préparés. Plus il est petit et plus il remonte facilement dans la chaîne alimentaire, ingéré par le plancton, les petits poissons, les plus gros et jusqu’à l’homme. Plus il a une forme sphérique plus il pourra s’imbiber de substances toxiques. Comme le plastique est hydrophobe et non biodégradable, il attire les molécules toxiques comme une éponge. L’auteur analyse l’origine de cette pollution et selon des sources scientifiques, environ 80% des déchets viendraient de la Terre et le reste, des usagers de la mer. On note au passage : Le tourisme sur les côtes , Les rejets par les fleuves de tous les déchets de notre société de consommation qui ne sont pas récupérés, les pêcheurs et les conchyliculteurs , Les navires et les bateaux militaires, les navires de plaisance, les ferries, les naufrages des conteneurs .

Les micro-déchets sont eux aussi très nocifs et proviennent de la dégradation progressive sous l’effet du sel, du soleil et de l’eau, de tous les objets en plastique rejetés en mer, du lavage en machine à laver de tous les vêtements en synthétique, des microbilles des cosmétiques et produits de beauté Quelles sont les solutions adoptées pour lutter contre ce fléau ? De l’initiative personnelle à celles des multinationales comme HP, Adidas ou Timberland, des marins pêcheurs eux mêmes qui veulent devenir dépollueurs en recyclant les plastiques marins retirés de la mer, les initiatives affluent du monde entier, avec des résultats à la traine.

Il aura fallu le temps d’une saga épique concernant la législation sur le sac plastique pour que La collecte des déchets organiques (biodéchets) soit généralisée d’ici à 2025 et qu’ils soient valorisés en compost. Cette loi valide aussi l’interdiction des sacs de caisse. Mais pour autant L’affaire n’est pas dans le sac plastique ! En effet, celui ci représente le symbole de cette pollution et il est très difficile de le supprimer ou de le remplacer car nos habitudes sont bien ancrées et les politiques employées ne sont pas assez incitatives Tout cela montre qu’il existe une réelle prise de conscience qui devra s’amplifier car le défi est immense et l’avenir de notre planète en dépend. Comme le dit souvent Yann Arthus Bertrand : « on n’a pas le droit d’être pessimiste ! »


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