Il y a comme une urgence à suivre la course folle de Antoine et Leila.  Lui semble largué comme un esquif à la dérive, tournant en rond dans sa cage qu’est devenue sa tête, abruti de médicaments et de chagrin inconsolable. Leila, elle, courbe l’échine sous le joug d’une vie  de misère et de mauvaises rencontres.

Sous les murs gris de leur cité HLM englués de désolation,  à traîner cette vie poisseuse, ces deux là se rencontrent dans une file d’attente de Pole Emploi. En prenant la tangente vers le Sud, là où toute la lumière, la mer à perte de vue, les parfums peuvent vous laver pour de bon, l’infime espoir d’échapper à cette couche de crasse, ressurgit.

Le style d’Olivier Adam est incisif,  on est à bout de souffle dans leur cavale, à fuir l’immobilisme, cette vie minuscule, limitée. Ce mari qui vous bat, ces parents qui vous aiment mais subissent leur vie, cette sœur qui vous a banni de sa vie, ce petit garçon vivant qui ressuscite les morts par son délicieux rire. Chaque brisure est  matinée d’une force de vie pure et dure.Chacun des héros de cette tourmente semble remonter à la surface pour prendre une goulée d’air avant la prochaine tempête. Un roman pétri d’une tendresse particulière pour ces âmes brisées qui se trouvent le temps d’une possible résurrection. 

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